LE BEAU NOM DE LUCIFER  
[PAGE D'ACCUEIL]     
Qui apporte la lumière
Avant que l'Eglise catholique et romaine ne souille à jamais le nom de Lucifer, celui-ci avait une connotation positive. Dans la langue latine, le mot Lucifer signifie : Porte lumière (adjectif) ou Astre du matin (nom). Il a été utilisé par les premiers chrétiens pour désigner le Christ, la « Lumière du monde ». Dans l'Apocalypse, (II, 8 ; XXII, 16) Jésus se donne à lui-même le nom d'étoile du matin (Lucifer) et il désigne également l'Esprit saint sous ce nom. Pendant les trois premiers siècles de l'Eglise, plusieurs chrétiens ont porté ce beau nom.

Dans le paganisme romain, Lucifer était un dieu céleste qui vivait sous l'Olympe. Avec les Saisons, le fils de Jupiter et de la déesse Aurore était chargé d'atteler et de dételer les chevaux du char conduit par le Soleil. Lucifer était le chef et le guide des Astres. Cette ancienne divinité païenne est toujours visible dans le ciel, c'est l'étoile du matin, la planète Vénus qui brille à l'Orient, avant le lever du Soleil. Le soir, Vénus brille à l'Occident et prend le nom de Vesper, une autre divinité romaine. Les Grecs connaissaient aussi le dieu Lucifer, ils le nommaient Phosphoros ou Eosphoros. A Babylone, Vénus était l'étoile d'Ishtar, la déesse des batailles, de l'amour et de la fécondité. A Rome, Diane (Artémis), la déesse lunaire, était appelée Lucifera, la Porteuse de lumière.

« Les lucifériens tirent leur origine de Lucifer, un évêque de Sardaigne. Il s'éleva contre les évêques catholiques qui, durant la persécution de Constance, avaient consenti à la perfidie arienne, et, s'étant ensuite corrigés, étaient revenus à l'Eglise catholique, condamnant ce qu'ils avaient cru ou fait semblant de croire. L'Eglise catholique les reçut dans son sein maternel, comme Pierre, après qu'il eut pleuré son reniement. Cette charité maternelle fut mal prise par ces orgueilleux, qui, ne voulant pas recevoir ces repentis, se séparèrent de la communion de l'Eglise, et ainsi méritèrent de tomber avec leur chef Lucifer, cet astre de lumière qui précédait l'aurore. » (Dictionnaire de théologie catholique, sous la direction de Amann, Paris, 1926.)

Cette notice d'Isidore de Séville (+ 636) témoigne que l'Eglise moyenâgeuse avait totalement diabolisé le souvenir de Lucifer de Cagliari et du schisme luciférien en l'assimilant à la chute des anges rebelles. En fait, la chute de Lucifer et de ses anges est un mythe fondé sur une manipulation des Ecritures. Le parallèle entre Lucifer de Cagliari et l'ange Lucifer est clairement établit. Il procède d'une volonté de diabolisation. Il est certain que le nom de Lucifer n'était pas appliqué au diable avant le schisme luciférien. C'est un prêtre prévaricateur, nommé Jérôme, un adversaire déclaré des lucifériens, qui va donner naissance au mythe du démon Lucifer. Au chapitre 14, verset 12 du livre d'Isaïe, sa mauvaise traduction latine (il traduit le mot hébreu helel, astre brillant, par lucifer, au lieu de le traduire par stella splendida) et sa mauvaise interprétation du passage consacré au tyran Nabuchodonosor, roi de Babylone, est directement à l'origine du mythe démoniaque de Lucifer. Jérôme était le secrétaire de Damase, l'usurpateur qui avait fait exiler le véritable pape, saint Ursinus.

« Lucifer, c'est. à dire. Qui apporte la lumière, nom donné au prince des démons à cause de la beauté qui lui donnait l'apparence d'un astre brillant avant son péché. Comment-es-tu tombé du ciel, Lucifer, toi qui paraissais si brillant au point du jour ? dit Isaïe, chap. XIV, v. 12 » (Nouveau dictionnaire d'histoire et de géographie anciennes et modernes par Ed. D'ault-Dumesnil, Louis Dubeux et l'abbé A. Crampon, chez Lecoffre, 1868)

Le mythe de la chute en enfer de Lucifer, le plus beau des anges, qui devient le hideux prince des démons, est né au Ve siècle, sous l'influence de Jérôme, un prêtre prévaricateur qui haïssait les Lucifériens. A travers ce mythe, on reconnaît l'histoire de Lucifer de Cagliari « qui avait perdu les lumières de la charité et qui était tombé dans les ténèbres du schisme », pour reprendre l'expression employée par les catholiques. La diabolisation de saint Lucifer et des Lucifériens est l'oeuvre des évêques ariens et de leurs sympathisants, qui ont gangrené l'Eglise catholique et corrompu à jamais le sacerdoce apostolique. Le démon Lucifer est une invention de l'Eglise romaine.

Au Moyen Age, dans le langage populaire et clérical, le nom des lucifériens était devenu synonyme d'adorateurs du prince des démons et le mot luciférianisme, un synonyme d'hérésie. Le mot "Lucifériens" vient du latin Luciferiani et désignait à l'origine les partisans de Lucifer de Cagliari. Le Moyen Age, sur lequel l'Eglise a voulu régner sans partage, fut le temps de l'obscurantisme religieux. La « Sainte » Inquisition, ce monstre froid vomit par le pape Grégoire IX, n'a témoigné aucune charité chrétienne envers ceux qu'elle déclarait hérétiques ou sorciers. Cette institution tortionnaire confiée aux dominicains a imposé sa doctrine par la terreur, allumant partout les bûchers de l'holocauste. C'est à partir de l'an 1000 que les peurs et les superstitions véhiculées par le clergé vont déchaîner des torrents de haine et d'injustice contre les minorités religieuses. La traque des « ennemis de la foi » soupçonnés de sorcellerie et la misogynie cléricale conduisirent à de véritables génocides. Les femmes et les homosexuels furent les principales victimes de l'Inquisition. Les inquisiteurs ne tuaient pas eux-mêmes leurs victimes, mais c'est bien eux qui les condamnaient à la torture et à la mort en les livrant au bras séculier, c'est-à-dire au pouvoir politique subordonné à l'Eglise. Ce sont les inquisiteurs zélés qui prêchaient les croisades sanglantes contre les hérétiques. Avec l'Inquisition, on est très loin de la charité chrétienne, la charité n'existe plus !

Selon Euthymus Zigabémus (fin du XI e siècle), les bogomiles de Bulgarie croyaient que Satan était le Fils de Dieu. Ils disaient qu'il était le frère aîné du Christ (le Verbe). Satan, qui était l'administrateur de la puissance de Dieu se révolta contre le Père et fut chassé du ciel. Malgré sa chute, Satan conserva son pouvoir de création. C'est lui qui aurait créé la terre et toutes les créatures terrestres. Il a façonné le corps d'Adam auquel le Père a insufflé la vie. Le diable serait le père de Caïn et de sa descendance. C'est Satan qui aurait inspiré la religion mosaïque. Avec ses satellites, il aurait habité le temple de Jérusalem et les églises catholiques. Enfin, Satan serait plus puissant que le Christ. Ce dernier aurait prescrit à ses disciples de rendre hommage à sa puissance démoniaque.

C'est à partir d'une mauvaise compréhension de la doctrine des bogomiles que les catholiques vont attribuer des croyances sataniques aux néo-manichéens. Les Albigeois ou Cathares et les Vaudois furent les cibles de l'Inquisition. Ils furent accusés de rendre un culte au démon Lucifer parce leurs croyances « portaient une grave atteinte à la foi catholique ». A cette époque, rejeter la foi catholique, s'était se déclarer ennemi de la société et de l'Eglise. Les Stédingiens étaient des paysans germaniques qui refusaient de payer les dîmes à l'archevêque de Hambourg et qui résistaient à son autorité. Pour cela, ils furent désignés comme lucifériens et accusés de sorcellerie au synode de Brême (le 17 mars 1230) Voici l'accusation qui déclencha la croisade contre eux :

« Il est de notoriété publique que ces gens méprisent complètement les clefs de l'Eglise et les sacrements ecclésiastiques de tout ordre, qu'ils dévastent et incendient couvents et églises, qu'ils commettent le parjure sans aucun scrupule, comme si c'était quelque chose de permis, qu'ils se comportent à l'endroit du corps du Christ d'une manière si effroyable que la bouche ne saurait l'exprimer, qu'ils se mettent en rapport avec les mauvais esprits, en fabriquant des images de cire, s'inspirent des conseils de devineresses et pratiquent toutes sortes d'oeuvres de la puissance des ténèbres, que, malgré des avertissements nombreux, ils se refusèrent à faire pénitence et rejetèrent toute exhortation. Considérant que tout ceci est attesté sans doute possible et est conforme à la vérité, les Stédingiens sont tenus pour hérétiques et condamnés comme tels. » (Dictionnaire de théologie catholique, sous la direction de Amann, Paris, 1926.)

Les frères prêcheurs (dominicains) furent les orateurs zélés de cette croisade. Après plusieurs batailles contre les croisés, les Stédingiens, inférieurs en nombre, furent taillés en pièces à la bataille de d'Altenesh, le 27 mai 1234.

Toutes les accusations de sorcellerie et de pratiques sataniques portées contre les manichéens (Cathares), les Vaudois et les Stédingiens sont fausses et mensongères. Elles relèvent de techniques sectaires visant à exciter les masses pour mieux écraser ceux et celles qui refusaient le joug ecclésiastique. On sait que les Cathares rejetaient l'Ancien Testament et la doctrine catholique comme des oeuvres diaboliques ; qu'ils privilégiaient l'Evangile de saint Jean et voyaient le monde et la chair comme les créations du Mal. Ils étaient pacifistes, végétariens et rejetaient le mariage. Pour l'Eglise, quiconque rejetait son autorité était suspect d'adorer le diable. Les assemblées nocturnes et secrètes des néo-manichéens firent croire à l'Eglise que les hérétiques y adoraient le diable. Ces superstitions cléricales ont donné naissance aux sabbats diaboliques (aussi appelés vaudoiseries) auxquels se livreront plus tard certains adeptes du culte de Satan.

Les sabbats sataniques décrits par l'Inquisition n'ont rien à voir avec la réalité des fêtes champêtres qui perpétuaient d'anciennes traditions païennes et polythéistes. L'Eglise qui condamnait autrefois les fêtes païennes héritées des anciens n'a pas changé d'un iota son attitude intolérante. Aujourd'hui, elle part en croisade contre Halloween. L'Eglise voudrait bien pouvoir faire interdire cette fête ou au moins la christianiser en une fête « moralement correct », en remplaçant les déguisements de sorcières, squelettes et monstres par des déguisements de moines, de saintes ou de chevaliers croisés.

Au Moyen Age, les superstitions du clergé véhiculaient toujours les mêmes clichés. Les hérétiques étaient accusés de se réunir certaines nuits pour chanter les litanies du démon, en tenant à la main une torche allumée. Le diable répondait à leurs invocations en apparaissant sous une forme animale, chat, crapaud, bouc, etc. Dès que le diable était là, toutes les torches étaient éteintes et les participants se livraient à la débauche. Les enfants nés d'unions incestueuses étaient brûlés sur un bûcher huit jours après leur naissance. Les cendres du nouveau-né étaient conservées précieusement, avec la même vénération que les catholiques ont pour l'hostie consacrée. Ces cendres avaient un pouvoir diabolique, celui d'enfermer dans l'hérésie quiconque en avait mangé, même une seule pincée.

On se rappellera que les mêmes accusations étaient portées contre les premiers chrétiens. Ils étaient suspectés de se réunir en des lieux secrets pour adorer une divinité grotesque, d'y sacrifier un enfant couvert de farine, de manger sa chair et de boire son sang avant de se livrer à la débauche dans les ténèbres. On voit bien que ces superstitions procèdent d'une mauvaise connaissance du rituel de la communion eucharistique.

La bulle de Grégoire IX, « Vox in Rama », datée du 13 juin 1233, par laquelle certains veulent prouver l'existence d'une secte de Lucifériens adorateurs de l'esprit du mal, est un tissu d'élucubrations, qui visent à diaboliser les néo-manichéens (au Moyen Age, les catholiques croyaient que les cathares tiraient leur nom du fait qu'ils embrassaient le derrière d'un chat, catus en latin), sont établies d'après les rapports de l'inquisiteur Conrad de Marburg, un psychopathe zélé et haineux.

« La bulle en question vise incontestablement ces hérétiques de la région rhénane que l'on a fini par baptiser du nom de lucifériens et dont on a voulu faire une secte spéciale. En réalité la comparaison du texte de Grégoire IX avec toutes les indications données ci-dessus ne permettent guère de douter que nous n'ayons affaire avec les mêmes racontars qui, depuis le XI e siècle, circulaient sur le compte des hérétiques de toute dénomination. Après avoir épanché sa douleur sur le mal que fait à l'Eglise une secte aussi monstrueuse, le pape décrit (évidemment d'après les rapports de Conrad) les rites hideux d'initiation qui se passent dans les conventicules des sectaires : Apparition du diable sous la forme d'un crapaud, baisers obscènes qui lui sont donnés par l'initié ; puis le diable se montre sous forme d'un homme d'une extraordinaire pâleur, aux yeux d'un noir terrible à qui le novice donne également un baiser, lequel fait évanouir en lui tout souvenir de la foi catholique. La-dessus tous les assistants prennent part à un festin, après quoi d'une statue, que l'on trouve toujours dans ces cérémonies, descend une chatte noire ; elle présente son derrière au novice, qui le baise, puis au président de l'assemblée qui en fait autant, et finalement à quiconque en est digne. Après des chants et une sorte d'instruction, on éteint les lumières et on passe aux plus répugnantes oeuvres de la luxure, sans distinguer entre proches et étrangers. Si les hommes sont en plus grand nombre que les femmes, ceux-ci satisfont entre eux leurs passions honteuses et de même, si les femmes sont plus nombreuses, elles satisfont leurs désirs entre elles, contre la nature. La lumière revenue, chacun reprend sa place, et d'un coin sombre surgit un homme étincelant comme un soleil depuis la tête jusqu'à la ceinture, et noir comme la chatte pour la partie inférieure du corps ; son éclat illumine la salle entière. Le président, prenant un morceau du vêtement de l'initié le tend à l'homme étincelant : Maître, dit-il, je te donne ce qui m'a été donné. Et l'autre de répondre : Tu m'as bien servi ; tu me serviras davantage et mieux ; je confie à tes soins ce que tu m'as donné. Sur quoi, il disparaît. Tels seraient, d'après les témoignages, les rites d'initiation. Grégoire IX ajoute que tous les ans, à Pâques, les sectaires vont communier en leurs paroisses (évidemment pour ne pas se trahir) ; mais au lieu d'avaler l'hostie, ils l'emportent en leurs maisons et la crachent dans les latrines par mépris pour le Rédempteur. Deux mots sont consacrés aux doctrines des sectaires : ils disent que le Dieu du ciel a violemment, contre toute justice et traîtreusement précipité Lucifer dans l'abîme. C'est en Lucifer que croient ces misérables ; pour eux, il est le créateur des choses célestes ; un jour il précipitera du ciel le Seigneur et retrouvera sa gloire première ; ce jour-là ses adeptes, grâce à lui, jouiront de l'éternelle béatitude. Et pour terminer la règle morale : Un luciférien ne fait rien de ce qui plaît à Dieu, il fait plutôt tout ce que Dieu déteste. » (Dictionnaire de théologie catholique, sous la direction de Amann, Paris, 1926.)

Au Haut-Moyen Age, la propagande catholique romaine montrait les Lucifériens qui avaient suivit Lucifer de Cagliari semblables à des anges rebelles tombés en enfer. L'Eglise médiévale a accusé les néo-manichéens de rendre un culte à Lucifer, prince des démons. Aujourd'hui, elle amalgame Lucifériens et satanistes, bien que ces deux voies soient différentes. Le satanisme remonte au XVI e siècle. Les sorciers qui invoquent le diable ou prince des démons sous le nom de Satan, Lucifer ou Belzébuth sont d'obédience satanique et non luciférienne. Les cultes noirs se sont édifiés sur la haine de l'Inquisition, cet organisme corrompu déguisé en institution divine. L'acte central du culte satanique est la messe noire qui est célébrée sur le corps d'une femme nue. Le rituel satanique est le rituel catholique inversé, croix noire retournée, nappe et cierges noirs, prières latines inversées L'accouplement sexuel remplace la communion eucharistique. Le satanisme a été réformé par Anton Szandor La Vey qui a fondé à San Francisco l'Eglise de Satan, le 30 avril 1966.

La quête luciférienne qui porte le nom de luciférianisme ou luciférisme, c'est celle du saint Graal. La tradition médiévale représente le Graal sous la forme d'un vase taillé dans une émeraude extraite du front de Lucifer après sa chute. En fait, le Graal, c'est le breuvage de la Connaissance suprême. Cette connaissance procure l'illumination spirituelle. La quête luciférienne, c'est une évolution spirituelle, une montée des ténèbres de la foi vers la lumière de la Gnose.

L'obscurantisme religieux n'a jamais cessé de diaboliser la Rébellion contre les papes. La cause première du luciférianisme (et donc du luciférisme) fut le schisme de saint Lucifer de Cagliari. Le schisme, c'est le refus de soumission au pape et de communion avec ceux qui lui sont soumis. Le schisme est la porte par laquelle sont sortis les fils de la Rébellion. Les rejetons de saint Lucifer sont les fils de la lumière.

Même si on ne peut pas démontrer une paternité directe entre les Lucifériens de l'Antiquité, les néo-manichéens du Moyen Age et les magistes lucifériens, on ne peut nier que depuis le schisme de saint Lucifer de Cagliari, ceux qui ont porté le nom de Lucifériens se sont toujours d'avantage éloignés de l'Eglise, l'adversaire héréditaire, jusqu'à abjurer ce catholicisme misogyne, pudibond et anti-hédoniste pour marcher plus librement vers la Gnose salvatrice.

Le texte provenait du site de luciferiens.net
malheureusement il n'existe plus

[le site des Lucifériens]